Newsletter n°44

Entre deux douches écossaises, les derniers feux de Mai croient encore en la relance incendiaire de juin et, dans l'intervalle, notre lettre d'information des Nouvelles du Front, 44ème du nom (site, blog et facebook), déploie la carte de quelques-uns des foyers entretenant nos embrasements du moment.

 

 

En premier lieu, Des nouvelles du front cinématographique propose le troisième épisode de notre feuilleton-conversation avec Sylvie Pierre Ulmann à l'occasion décisive de sa traversée du miroir brésilien, où Sergueï Eisenstein se frotte à la culture bahiane et où Glauber Rocha énonce la vérité moins psychologique qu'épique de toute amitié digne de ce nom, pour en ramener un trésor continuant de veiner la vie de celle qui expérimente aussi l'amour du cinéma sur le versant d'une "Internationale chaleureuse et naturelle".

 

 

On voudra ensuite faire écho à quelques nouvelles cannoises parvenues jusqu'à nous et d'inégale intensité, d'une part avec En guerre du duo Brizé-Lindon qui réduit une nouvelle fois la scène collective de la lutte des classes à la moulinette symptomatique d'un aristocratisme distinguant le vedettariat des figurants, d'autre part avec A genoux les gars d'Antoine Desrosières qui, à l'inverse, ouvre les vannes d'une jactance appartenant pleinement à ses acteurs non professionnels à l'occasion d'un marivaudage d'aujourd'hui qui les invite à franchir allégrement le mur des stéréotypes raciaux et sexuels auxquels ils sont généralement assignés.

 

 

Autre actualité, la rétrospective Rainer Werner Fassbinder à la Cinémathèque française qui s'est close le 16 mai se prolonge encore avec la ressortie concomitante de quelques-uns de ses films par Carlotta : notre rubrique "Des bons plans" insistera alors sur ces fixations fassbinderiennes traquant avec l'amour le poison addictif des dépendances qui en trahissent l'increvable croyance, examinées à l'aune de Prenez garde à la sainte putain, Tous les autres s'appellent Ali, Martha et Le Droit du plus fort.

 

 

En toute logique, parler de Rainer Werner Fassbinder aura imposé d'évoquer l'œuvre du romancier Alfred Döblin, l'auteur de Berlin Alexanderplatz dont la lecture fut rédemptrice pour l'adolescent désœuvré qu'alors il était, et qui ne l'aura pas moins été pour tous ceux qui reconnaissent en Franz Biberkopf un frère de malheur ou un double placentaire, celui pour qui les mutilations de l'histoire sont des corrections se doublant aussi d'être des leçons profitables, pour tout le monde et pour personne.

 

 

Notre programmation musicale mensuelle fera la part belle aux réinventions nippones des gnossiennes d'Erik Satie, aux inquiétudes mizoguchiennes de Tôshiro Mayuzumi, aux veillées montagneuses d'un prince amazigh, à quelques danses de Provence revenues de l'enfance comme aux bonbons acidulés venues du Brésil.

 

 

Enfin, la projection cannoise du très attendu Livre d'image de Jean-Luc Godard nous aura autorisé à évoquer à l'occasion d'un entretien publié par le quotidien algérien Reporters comment un nom propre est devenu le nom commun d'une pensée partagée (que son initiateur, Abdelmajid Kaouah, en soit ici vivement remercié).

 

 

Dans la lutte contre ce qui nous divise et l'amitié de ce qui nous partage

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