Newsletter n°49

Bonjour à toutes et à tous,

 

Le froid veut plus tôt que prévu nous faire la peau, le fascisme aussi qui vient de tailler une peau de serpent à nos ami-e-s brésilien-ne-s. Plus que jamais, il nous faut des armes pour agir contre les réactions qui nous désarment. Que l'on se donne alors des forces et toutes les bonnes ressources seront disponibles, sur le front social comme sur celui du cinéma. Toutes choses dont voudrait une nouvelle fois témoigner la lettre d'information du site Des Nouvelles du Front, 49ème du nom (siteblog et facebook).

 

1) Des nouvelles du front cinématographique propose pour ce mois-ci et les deux suivants de revenir sur la série télévisée The Leftovers, en publiant sous la forme de fragments les bonnes feuilles issues de notre ouvrage consacré à la série de Tom Perrotta et Damon Lindelof, Humanité restante. Penser l'événement avec la série The Leftovers, publié le mois dernier aux éditions de L'Harmattan. En considérant la série saison après saison et épisode par épisode, et en commençant logiquement avec la première saison, on voudrait ainsi rendre hommage à l'une des œuvres de télévision parmi les plus passionnantes et émouvantes de ces dernières années. L'une des plus contemporaines aussi, en ce sens qu'elle aura été puissamment sensible à la pensée de notre contemporanéité catastrophée.

 

2) D'autres textes de cinéma trouve à s'articuler en trois moments différenciés : selon les contradictions d'une épopée révolutionnaire qui l'est si peu dans les formes mêmes de sa représentation (Un peuple et son roi de Pierre Schoeller) ; selon les inépuisables images de rêves d'une Ophélie d'aujourd'hui qui est la plus belle dormeuse de toute l'histoire de la télévision et dont il ne faudrait surtout pas troubler le sommeil d'or sous peine de réveiller de terribles brasiers (Twin Peaks de Mark Frost et David Lynch, saisons 1 & 2) ; selon, enfin, qu'une permanence d'accès aux soins de santé d'un hôpital neuf-troisien soit un site d'hospitalité ouvert à la dialectique de ce qui passe comme de ce qui ne passe pas par-dessus le filet des inégalités sociales (La Permanence d'Alice Diop).

 

3) Notre rubrique des bons plans tentera également de rappeler, contre l'actuelle politique hollywoodienne d'épuisement catastrophique des filons, les réelles qualités du premier Predator réalisé par John McTiernan il y a tout juste trente ans. Commençant sous les plus horribles hospices (l'action-movie reaganien), le film a la beauté de s'aventurer dans la jungle tropicale d'un renversement swiftien de positions, obligeant le parangon musclé de l'américanisme conquérant à préférer le devenir-minoritaire pour se rendre imperceptible à la traque bestiale d'un chasseur plus raciste et impérialiste que lui. Et Arnold Schwarzenegger alors jamais plus touchant qu'à se faire oublier en se fondant dans le milieu environnant, à l'enseigne du nègre marron, du soldat vietnamien ou du guérillero sud-américain.

 

4) Notre 49ème programmation musicale mensuelle ne craindra pas la mobilité, allant à un bord vers les radicales dissonances pendereckiennes en hommage aux disparus de Hiroshima et à un autre vers les arrangements martiens et sautillants du jumeau de Richard D. James, qui s'en va sur un axe rejoindre la tristesse infinie de Riz Ortolani et sur un autre tend vers la mélancolie eastwoodienne des derniers feux du western, avant que le dub ne fasse de la résistance ouvrière contre le racisme policier en clashant du côté de Brixton.

 

Enfin, la joie non feinte de deux suppléments d'actualité :

 

1) On continue d'alimenter un nouveau front ouvert grâce à l'amitié belge et cinéphile de la revue de cinéma Le Rayon vert., avec trois nouveaux textes respectivement consacrés aux Frères Sisters de Jacques Audiard (où l'utopie de la camaraderie masculine finit brûlée par le rappel à l'ordre de la pulsion virile), Amin de Philippe Faucon (où l'utopie amoureuse indifférente aux inégalités raciales se dissipe dans le rappel à l'ordre des obligations sociales à ne pas changer de place) et The House that Jack Built de Lars von Trier (où le démiurge n'aimant rien tant que contrarier la tâche du spectateur se contrarie lui-même dans l'épuisant rappel à l'ordre consistant à vérifier en actes sa infernale puissance créatrice, jusqu'à la parodie).

 

2) On revient un mois après sur la sortie de notre ouvrage chez L'Harmattan, intitulé Humanité restante et consacré à The Leftovers (cf. les deux pièces jointes). La série de Tom Perrotta et Damon Lindelof y sera notamment envisagée dans la pensée de l'événement qu'à lui-même il est et qu'il représente pour nous, pensable dans l'écart décisif d'une parallaxe, à la fois comme sens (l'événement dont les restes se distribuent en touches sensibles) et comme vérité (l'événement dont le vide inaugural est une invitation à préférer aux comblements dramatiques des trous le point d'une fidélité conséquente et persévérante à rester au bord du trou).

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