Newsletter n° 51

2018 agonise, qu'on en finisse et que vienne alors 2019, non pas dans un boum mais dans un murmure - celui que souffle la 51ème lettre d'information du site Des Nouvelles du Front (siteblog et facebook).

 

1) C'est une nouvelle constellation dédiée à la série The Leftovers. Avec tout d'abord, dans notre section Des nouvelles du front cinématographique, la dernière partie des fragments du livre Penser l'événement avec la série The Leftovers consacrée à la saison 3.

 

Ensuite, un généreux entretien initié par nos ami-e-s du site du Rayon Vert. Occasion nous a alors été accordée de développer plusieurs pistes en revenant sur des moments forts de la série afin d'insister sur ce qui arrive, ce qui reste et ce qui vient.

 

C'est enfin une vidéo consacrée à la présentation du livre proposant une autre possibilité d'affirmer que si The Leftovers constitue l'une des plus grandes séries de notre temps, c'est parce qu'elle est l'événement s'offrant à ceux qui restent en résistant à la disparition, ceux qui font du temps qui reste l'avenir partagé d'une croyance dans le monde, son ouverture et son hospitalité retrouvées, dont l'amour est la condition privilégiée.

 

2) Dans notre section Autres textes de cinéma, nous vous proposons deux travaux. Le premier, Samouni Road de Stefano Savona, revient sur ce qu’ont vécu les Samouni ces jours de janvier 2009 et qui reste irréparable. Il y a pourtant dans le film un souci de la réparation malgré tout, qui ne guérit certes aucune blessure mais promet cependant avec la poursuite du monde que la justice demeure une requête interminable, valable pour tout le monde en concernant n’importe qui, n’importe où.

 

Le deuxième texte porte sur le travail du cinéaste Jilani Saadi, sacré profanateur du cinéma tunisien tendance diogénique, moins cynique que kunique, avec ses films fauchés mais non moins riches en foutreries sardoniques, saillies salaces et autres bizarreries baroques bricolées à la GoPro.

3) Champ contre champ examine les divisions du postmoderne avec deux contes de fée qui, certes, partagent un bel accent portugais et une écriture à quatre mains, mais qui n'en divergent pas moins : Diamantino de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt est ce champ cultivant l'inconséquence de l'exubérance kitsch, dont le contrechamp davantage conséquent sur le plan critique aura pour nous été plus tôt donné dans l'année avec Les Bonnes manières de Juliana Rojas et Marco Dutra.

 

4) Des Nouvelles du front social et du reste recommande la lecture de Dépersonnalisations au cinéma de Virginie Foloppe. Avec la dialectisation du concept de dépersonnalisation proposée, l’écoulement de sang devient l’expression poétique des images ressaisies dans une dimension membraneuse et féminine. Ce qui s’épanche dans l’écriture se déploie comme un battement palpébral porté sur ces hymens paradoxaux que sont les images de cinéma, ouvertes et fermées sur les secrets qui garantissent leur intensité.

5) Avec notre 51ème programmation musicale mensuelle on entendra enfin la tristesse de Superman non moins triste que celle de Schubert, et puis des rugosités féminines et féministes, qui chauffent les tympans, tapent sur les doigts et ne manquent pas de chien.

 

On conclura la cinquante et unième avec un bonus et une annonce :
 
1) Des Nouvelles du Front se joue aussi sur d'autres fronts, dans les amicaux relais de la revue de cinéma belge Le Rayon vert qui accueille un nouveau texte consacré à Leto (2018) de Kirill Serebrennikov, où le rock de quelques francs-tireurs de Leningrad au début des années 80 se vit à la fois comme jeunesse réfractaire, discipline individuelle et pratique d'émancipation collective.

 

2) Avec notre prochaine lettre d'information, il sera bien temps de revenir sur les grandes commotions cinématographiques de l'année passée.

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