Autres textes de cinéma de 21 à 30

 

L'œuvre cinématographique de Luc Moullet est celle d’un franc-tireur indépendant, malicieux et facétieux, à mi-chemin (de traverse ou buissonnier) entre le bricolage en amateur éclairé (le musicien et inventeur d’instruments Patrice Moullet qui a réalisé la musique de plusieurs de ses films est son frère) et la contrebande en professionnel équilibriste (sur le mince fil tendu entre budgets légers et projets osés). La réelle diversité de cette œuvre en termes de formes, de formats et de genres, est faite d’alternance depuis plus de quarante ans de courts et de longs métrages, de documentaires irisés de fiction et de films de genre iconoclastes, d’essais plus ou moins autobiographiques et de leçons de choses pratiques et insolites.

 

 

Une porte qui ouvre sur une deuxième porte ouvrant à son tour sur une troisième : on connaît ce schéma labyrinthique visant à tordre et faire fuir le sens dont le célèbre baiser de Spellbound d'Alfred Hitchcock en 1945 a offert une inoubliable métaphore (2). C'est qu'il y a dans le nouveau long métrage de David Lynch, à tout point de vue hors norme, beaucoup de portes, de boutons de portes, beaucoup d'escaliers et de sas à partir desquels la diégèse a tout loisir de fuir et de déserter, de se disséminer et, perdant toute localisation narrative centralisée, perdre avec elle le spectateur déboussolé par tant de vertiges fictionnels.

 

 

Que le système nazi ne soit pas tombé du ciel mais qu’il entretienne plusieurs homologies structurales avec la modernité capitaliste dont il est historiquement issu n’est un mystère scientifique que pour les chiens de garde, conscients ou inconscients, de l’ordre existant. Des philosophes (Adorno, Arendt), des historiens (Traverso), des sociologues (Bauman), des psychologues du travail (Christophe Dejours), des survivants (Rosset, Antelme) ont déjà écrit des livres définitifs sur le sujet.

 

 

Il existe plusieurs longs métrages du documentariste chilien Patricio Guzman qui, tels La Bataille du Chili (1975-1979), Chili la mémoire obstinée (1997), Le Cas Pinochet (2001) et Salvador Allende (2004). Ceux-ci témoignent du mouvement social révolutionnaire, de son écrasement militaire en 1973, et de sa mémoire vivante, qui ont bouleversé le Chili depuis les années 60. Le documentaire-fleuve (2 h 40) de Carmen Castillo, s’il semble a priori prolonger le geste mémoriel de Guzman, ouvre des perspectives nouvelles de compréhension de l’histoire des luttes d’émancipation sociales et de leur devenir révolutionnaire.

 

 

Du fil déroulé par Ariane afin de permettre à Thésée de sortir du labyrinthe construit par Dédale dans lequel règne l’horrible Minotaure, aux considérations philosophiques de Friedrich Nietzsche tirées de son recueil de poésie Dithyrambes de Dionysos paru en 1891 sur ce labyrinthe qu’est l’oreille et ce fil d’Ariane qu’est la musique. Du recueil de nouvelles Les Filles de Feu (1854) de Gérard de Nerval dont se dégage le récit intitulé Sylvie, aux Filles de Feu ou Scènes de la vie parallèle qui devaient nommer une tétralogie cinématographique nervalienne incomplètement réalisée par Jacques Rivette durant les années 1970 (Duelle en 1976 et Noroît en 1975-1977 rescaperont à l’époque du naufrage).

 

 

Dire que le premier long métrage de cet artiste plasticien (homonyme du célèbre acteur hollywoodien), récompensé par une Caméra d’or lors du dernier festival de Cannes, est brut de décoffrage serait un euphémisme. Narrant le sort des militants de l’Irish Republican Army (IRA) incarcérés dans la prison de Maze en Ulster en 1981, le film, qui s’inspire de faits réels, montre les efforts entrepris par les détenus pour obtenir le statut de prisonnier politique que l’État anglais colonial leur a refusé pour les enfermer dans le droit commun.

 

 

On peut enfin jouir de l’intégrale des films de Jacques Demy, éditée par Ciné-Tamaris et Arte Vidéo en 12 DVD et 1 CD. Cela permettra de (re)découvrir un des cinéastes français les plus originaux, souvent réduit au seul genre rose bonbon de la comédie musicale alors que son œuvre est empreinte d’une noire mélancolie, d’une perversité sexuelle, et d’une force politique peu communes.

 

 

  • Z 32 de Avi Mograbi

 

À l’heure où une alliance droite-extrême droite soude le gouvernement israélien à la suite du pilonnage de la bande de Gaza et de l’assassinat de 1 300 Palestiniennes et Palestiniens, la sortie de Z 32 du documentariste Avi Mograbi apparaît comme la réponse cinématographique, nécessaire et critique, devant la brutalité dont est capable son pays. Le titre désigne le cas d’un réserviste d’une unité d’élite ayant participé à une opération punitive dans les territoires occupés où deux policiers palestiniens innocents furent tués. Ce crime de guerre est un crime d’État qu’Israël n’a pas jugé bon de considérer comme tel.

 

 

Le premier long métrage documentaire de Dominique Marchais est le parfait complément de la trilogie de Raymond Depardon Profil : paysan tournée entre 2002 et 2008. En effet, le film arrive, au bout de ses 123 minutes, à saisir toute la complexité du monde agricole sous toutes ses facettes, sociale et culturelle, écologique et économique, politique et même esthétique.

 

 

La science fiction a longtemps été considérée comme un genre mineur au cinéma : des films dit de série B étaient le plus souvent privilégiés aux grosses productions, appelées séries A. Au début des années 50 et avec la crise de Hollywood, la tendance s'inversa notamment avec le film de Robert Wise, Le jour où la Terre s'arrêta de tourner (réalisé en 1951 et repris au cinéma par Scott Derrickson en 2008 avec Keanu Reeves dans le rôle principal).

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