Autres textes de cinéma (de 81 à 90)

 

A regarder certains films qui nous touchent parce qu’ils ont une manière bien à eux de nous regarder (on pensera en particulier ici aux films de Jean-Luc Godard et Jean-Marie Straub, Ghassan Salhab et Tariq Teguia), on voudrait s'avancer en posant que la « suite du monde » (pour parler comme Pierre Perrault hier et aujourd'hui Jean-Louis Comolli) ne serait promise qu'en raison d'une perspective privilégiée qui en serait le dos.

 

 

Un homme prépare dans sa cave une solution de peinture marron, prend ensuite son vélo et trouve au bord d'une route de la banlieue parisienne un mur fait de pierres sur lesquelles il applique consciencieusement son enduit coloré. Un autre homme arrive en taxi dans un village francilien, se déshabille tout aussi consciencieusement puis marche nu en se baladant tranquillement dans les rues adjacentes.

 

 

En 1975, Agnès Varda a eu l'idée, simple et géniale, de brancher le câble de sa caméra sur le compteur de son appartement parisien de la rue Daguerre dans le 14ème arrondissement et de ne pas filmer plus loin qu'entre les numéros 70 et 90 reliés par les 90 mètres de fil électrique : cela a donné Daguerréotypes (1975), beau portrait fragmentaire et subjectif consacré par l'une de ses habitantes (aidée en la circonstance d'ailleurs par Nurith Aviv occupant pour la première fois le poste d'opératrice) à un petit bout d'un quartier populaire où passants et parents, artisans et commerçants, amis de toujours ou complices d'un instant sont devenus comme par enchantement les artistes d'un bastringue ou d'un music-hall qui n'aurait seulement existé que le temps du film.

 

 

Franssou Prenant est une cinéaste rare et précieuse qui, depuis plus de trente ans maintenant, poursuit une œuvre singulière, à l'écart des modes culturelles et des impératifs journalistiques, insistante, sauvage et fourchue comme une plante saxifrage ou une fleur de bitume.

 

 

Une citation (de citation) servira ici, plutôt que d'aiguillage programmatique, d'aiguillon fourchu à la réflexion intensément appelée par la « question du territoire au cinéma et le désordre des limites » : « Jean-Luc Godard a ainsi énoncé la nature de ce non-lieu où s'inscrit le sujet qui voit, c'est-à-dire le spectateur : ''Pour voir, dit-il, il ne faut pas avoir peur de perdre sa place'' » (Marie-José Mondzain, Homo spectator, éd. Bayard, 2007, p. 54).

 

 

On retiendra des « Dix thèses sur la politique » du philosophe français de l'égalité Jacques Rancière (in Aux bords du politique, éd. La Fabrique, 1998), particulièrement les cinq citations suivantes (...)

 

 

En 1915, sont créées la Section Photographique des Armées (SPA) et la Section Cinématographique de l'Armée française (SCA). Trois missions déterminèrent principalement leur institutionnalisation conjointe : un objectif historique, un autre de propagande, ainsi qu'un objectif consistant enfin en l'archivage documentaire. En 1945, ces deux sections sont fondues avec la création d'un Service Cinématographique des Armées (SCA).

 

 

Il faudrait creuser l'idée que la souveraineté constituerait en effet la grande affaire de The Last of Us. Apparu pour la première fois dans La Structure psychologique du fascisme (1933), le concept de souveraineté se voit dans la perspective privilégiée par Georges Bataille caractérisé par une double nature amphibologique, ressaisie dans l'essai posthume intitulé La Souveraineté, écrit en 1953 et publié pour la première fois par les éditions Gallimard avec l'ensemble des œuvres complètes en 1976 (puis de façon autonome par les éditions Lignes en 2012).

 

 

Il faut travailler à constituer un espace bien particulier susceptible de favoriser une pareille prise de parole, résolument mémorable, dont l'adresse faite dans l'égalité avec n'importe qui pose la dimension universelle d'une prise de position particulière.

 

 

Longtemps, on crût bon de réduire tout le cinéma algérien des années 1970 au seul succès remporté par Chronique des années de braise (1975), réalisé par Mohammed Lakhdar-Hamina et scénarisé avec Tewfik Farès.

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