Nouvelles du front de 111 à 120 :

 

 The Countess de Julie Delpy et Twixt de Francis Ford Coppola

 

« Ce n’est donc pas "réellement" que l'on peut projeter le réel d'une procédure de vérité dans la symbolique narrative de l’Histoire. Ce n'est qu'imaginairement, ce qui ne veut pas dire, loin de là, que ce soit inutile, négatif, ou sans effet (…) : l'Idée expose une vérité dans une structure de fiction » explique Alain Badiou (in L’Idée du communisme [sous la direction d’Alain Badiou et Slavoj Zizek], éd. Lignes, 2010, pp. 12-13). The Countess, le troisième long métrage de Julie Delpy, vise précisément à la projection imaginaire (sous la forme d’une fiction cinématographique) du réel d’une procédure de vérité (l’amour de la comtesse Erzsébet Bathory pour le comte Istvan Thurzo) dans la symbolisation narrative d’une époque historique (l’aristocratie hongroise au mitan des 16ème et 17ème siècles) résonnant structuralement avec la nôtre

 

  • Des nouvelles du front cinématographique (112) et (113) : Samuel Fuller, anarchisme et barbarie, partie 1 et partie 2

 

Pickup on South Street, House of Bamboo, White Dog – Dressé pour tuer, Park Row, The Naked Kiss et Shock Corridor de Samuel Fuller

 

« Je pense que pour moi la clé du cinéma de Sam Fuller, c'est quelque chose que j'ai toujours connu dans ma propre vie, dont j'ai fait l'expérience, et à laquelle je peux m'identifier ; la violence émotionnelle. La violence émotionnelle est bien plus terrifiante que la violence physique. Ce qui fait le plus peur dans la violence, c'est son processus : depuis la menace de violence jusqu'à la sortie de la violence. Dans n'importe quel film de Sam Fuller, chacun des cadres est sur le point d'exploser sous cette violence (…) Fuller pousse la réalité à la limite de l'absurde, et cela en devient plus réaliste... Cela ressemble plus à la vie. C'est fascinant pour moi » raconte Martin Scorsese dans la préface aux fabuleuses histoires d'Amérique racontées par Samuel Fuller (opus cité, p. 10).

 

  • Des nouvelles du front cinématographique (114) et (115) : Rencontres cinématographiques de Béjaïa, partie 1 et partie 2


    Serge Daney disait du passeur, un mot qu'il aimait tant au point où désormais ce terme a fini par lui rester définitivement associé et qu'il avait repris d'un article de Jean-Louis Comolli consacré au saxophoniste Eric Dolphy faisant la jonction entre be bop et free jazz, la chose suivante : « Les passeurs sont étranges : ils ont besoin de frontières, à seule fin de les contester. Ils n'ont pas envie de se retrouver seuls avec leurs ''trésors'' et, en même temps, ils ne s'occupent pas trop de ceux à qui ils ''passent'' quelque chose. Et comme les ''sentiments sont toujours réciproques'', on ne s'occupe pas beaucoup d'eux non plus, on ne leur ''passe'' rien, on leur fait volontiers les poches » (« Le passeur. Entretien de Serge Daney avec Philippe Roger » in Devant la recrudescence des vols de sacs à mains, cinéma, télévision, information, éd. Aléas, 1997 [1991 pour la première édition], p. 91).

 

 

Ils y reviennent, lentement mais sûrement, tout autant que, protégés par la rutilance formelle de la machine cinématographique mise en place depuis La Promesse (1996) et Rosetta (1999), ils savent désormais qu'ils pourront l'y plier sans devoir sacrifier le noyau dur d'une esthétique viscéralement attachée à la figuration d'un populaire malmené par l'accentuation des tendances concurrentielles du capitalisme contemporain : c'est en effet sous le signe de l'acteur professionnel qu'avait été impulsé le tournant fictionnel du cinéma documentaire de Luc et Jean-Pierre Dardenne après une quasi-décennie consacrée à tourner des vidéos militantes produites en 1975 par leur société Dérives et portant sur la transformation urbaine et sociale engagée à cette époque et affectant le paysage wallon en conséquence des processus néolibéraux de restructuration industrielle et de déstructuration salariale.

 

  • Des nouvelles du front cinématographique (117) et (118) : Entrevues Belfort (partie I et partie II)

 

Il suffira de s'arrêter sur quelques titres significatifs parmi tous les films récompensés depuis la dernière quinzaine d'années par le Grand Prix du Festival Entrevues de Belfort pour rendre compte de l'importance d'une manifestation que l'on considère, à raison ou bien à tort, comme étant le « plus petit des grands festivals ».


  • Des nouvelles du front cinématographique (119) et (120) : Journées Cinématographiques de Carthage (partie I et partie II).


La 25ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage s'est tenue du 29 novembre au 6 décembre 2014 dans une ambiance forcément particulière. Le 23 novembre eut lieu en effet le premier tour de l'élection présidentielle, la onzième du nom, la dixième au suffrage universel direct mais surtout la première depuis la chute de Zine el-Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011 après 23 ans de règne.

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