La précarité: c'est la jeunesse qui la vit et la subit, mais ce sont le gouvernement et le patronat qui en profitent

Victimes de l’accroissement des inégalités scolaires et du chômage de masse, discriminés lors de la recherche d’un logement et d’un emploi, ségrégués dans des quartiers populaires désinvestis par les services publics et surinvestis par la violence policière, les jeunes forment en France aujourd’hui une classe sociale particulière qui fait en premier lieu les frais de la restructuration néolibérale en cours qui vise à mettre au pas l’ensemble du salariat.

 

C’est la volonté gouvernementale d’entrave à la logique de démocratisation scolaire au profit de la division toujours plus accentuée entre les familles qui disposeront des moyens économiques et sociaux afin d’assurer les meilleurs cursus pour leurs enfants, et les familles populaires et sans ressource qui devront se faire à l’idée que les grandes études ne seront pas pour leurs enfants ainsi voués aux secteurs professionnels les moins qualifiés et les moins valorisants.

 

C’est la multiplication des formations en apprentissage, des stages gratuits ou sous-payés et des contrats précaires dits « aidés » qui sont le lot de tous les jeunes à la recherche d’un emploi et qui galèrent plusieurs années sans pouvoir cotiser pleinement pour leur retraite avant de trouver une place relativement acceptable dans un monde salarial de plus en plus affaibli.

 

C’est la discrimination à l’emploi qui s’articule logiquement aux difficultés accrues pour dénicher un logement (devenu perle rare avec la spéculation immobilière actuelle), toutes discriminations démultipliées lorsque ces mêmes jeunes sont issus des quartiers populaires stigmatisés ou sont d’ascendance migratoire et coloniale.

 

Pourtant la jeunesse sait se battre et peut remporter des victoires significatives, telle celle gagnée contre le Contrat Première embauche en novembre 2005, dernière bataille victorieuse pour l’ensemble du salariat. La jeunesse a encore été capable de se mobiliser massivement contre les plans de démantèlement de l’Education scolaire (notamment concernant les lycées professionnels) et de l’Université (s’agissant de la loi LRU).

 

Les violences de l’Etat policier et du capitalisme conjuguées aux discriminations symboliques (racistes et sexistes) sont vécues de plein fouet par la jeunesse. C’est parce que les jeunes représentent la frange sociale en formation du salariat à venir que le patronat aidé par ses alliés objectifs du gouvernement sarkozyste souhaite par tous les moyens neutraliser leurs capacités de résistance et de lutte. Domestiquée et dressée à devoir travailler plus pour gagner à peine le droit de vivre dignement, la jeunesse est avec la classe des travailleurs étrangers l’une des cibles privilégiées du capitalisme contemporain. Il ne tient qu’à elle, aidée par toutes les forces progressistes, syndicales et organisationnelles, de montrer à l’ensemble du salariat le chemin du refus de l’ordre politique et social actuel, au nom d’une vie juste et digne qui ne saurait jamais plus se réduire à la richesse pour quelques-uns et la pauvreté pour tous les autres.

 

Samedi 21 juin 2008


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