Nouvelles du front de 141 à 150

 

Per monstra ad astra : c’est plus qu’un jeu de mots ou une facétie d’Aby Warburg, qui aura mis l’histoire de l’art à l’épreuve des montages de son atlas Mnémosyne jusqu’à la folie. Per monstra ad astra est une formula magica, un précieux sésame qui, comme l’a rappelé Georges Didi-Huberman, sert à caractériser la dialectique monstrueuse de la culture.

 

 

Relier le traumatisme qui mutilerait la personne de toute activité créatrice essentielle à sa vie subjective, à la création qui s’en ressaisirait comme une relève du sujet consiste à faire de la dépersonnalisation un concept vivant. Vivant, précisément parce qu’il ne cesse pas de se diviser, le concept ne cessant pas d’être divisé en effet par la pensée qui s’en saisit pour s’y confronter en affrontant ses propres secrets.

 

 

Alain Badiou dispose son geste philosophique depuis un demi-siècle qui peut aujourd’hui se ressaisir à partir de la question suivante : qu'en est-il du monde expérimenté non depuis sa loi dominante, mais depuis l'exception immanente d'une vérité ? Autrement dit, qu'est-ce qu'une vie digne de ce nom ? Qu’est-ce qu’une vie placée sous la condition de la vérité, qu’est-ce qu’une vraie vie ? 

 

 

Le champ de recherche dans lequel Frédéric Lordon s'est engagé depuis une dizaine d'années est ce qu'il nomme un « structuralisme des passions ».

 

 

Parmi les objets de recherche de Michael Löwy comme autant de passions diversement dédiées à l'or philosophal du communisme libertaire, celle qu'il voue à l'auteur du posthume Thèses « Sur le concept d'histoire » (1940) constitue en effet l'une de ses plus inspirantes, marquée par deux ouvrages fondamentaux, Walter Benjamin : avertissement d'incendie. Une lecture des Thèses « Sur le concept d'histoire » (éd. PUF, 2001) et La Révolution est le frein d'urgence. Essais sur Walter Benjamin (éd. de l'éclat, 2019).

 

 

Les meilleurs amis sont parfois ceux que l'on ne connaît pas, mais dont pourtant on savait tout par chansons interposées. Ignoraient-ils, ces fidèles amis, ces Immortels dont la mort nous afflige, que leurs chansons sont moins adressées à tout le monde qu'à n'importe qui, qu'elles nous sont destinées comme les preuves les plus follement précieuses que nous n'avons pas vécu en vain.

 

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